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Actions judiciaires: Traites négrières : Plaidoyer pour les réparations (part 1)
Edité le 09 mars 2006


Actions judiciaires
L’Afrique est pauvre et est destinée à le demeurer pour longtemps, à cause de la mauvaise gouvernance de ses élites, des échecs dans l’exploitation des ressources naturelles, de la corruption et de l’inadéquation des systèmes éducatifs en général quand ils existent ou de l’enseignement scientifique et technique en particulier.
Les pays occidentaux (l’Europe et l’Amérique du nord comprises) sont riches, parce que leur système est fait de bonne gouvernance, leurs ressources naturelles sont bien exploitées, leurs Etats disposent d’un appareil juridique crédible pour faire face à la corruption. Leurs populations sont instruites et sont riches de connaissances scientifiques et techniques.
Voici en résumés la posture des contrastes entre pays riches et pays pauvres.

L’Irlande, pays européen jadis sous domination anglaise, s’est élevée de pays à faible revenu au rang de pays à haut niveau de PIB.
Si l’Irlande a pu se développer au point de passer d’une économie rurale à des niveaux de revenus élevés dans le domaine des nouvelles technologies, alors qu’est-ce qui ne va pas avec l’Afrique ?
Les investissements dans le système éducatif irlandais, le soutien des structures de l’UE à la recherche, ainsi que l’investissement direct sont le moteur du développement économique de l’Irlande. L’absence totale d’un tel soutien pour l’Afrique, au niveau régional ou international contraste dramatiquement avec la situation irlandaise.
D’autres facteurs expliquent la différence entre la situation de l’Afrique et l’expérience de l’Irlande :
   - L’incongruité des frontières héritées du colonialisme.
   - Les ventes d’armes des pays occidentaux (par ex. les ventes d’armes britanniques dans la guerre du diamant en Afrique de l’ouest).
   - Le « dumping » commercial des produits européens et nord américains sur les marchés africains, qui paralyse les efforts de production de l’industrie locale.
   - Les barrières commerciales qui bloquent l’accès des produits africains aux marchés des pays du G-8.

En outre, les mécanismes systémiques de soutien aux élites corrompues et de protection des intérêts des compagnies multinationales en disent long sur la pérennisation de la pauvreté en Afrique. Ces conditions exigent que toute réelle contribution humanitaire contre la pauvreté en Afrique place le continent dans son contexte historique. C’est uniquement de cette façon qu’il deviendra possible de discerner, à l’éclairage du passé, les facteurs qui ont engendré l’appauvrissement actuel de l’Afrique.

Héritage colonial
En 1884, des pays européens (France, Angleterre, Allemagne et Belgique pour ne citer que ceux-là) ont formé un front uni à la conférence de Berlin, pour coloniser l’Afrique. Le roi Léopold II de Belgique récupéra le Congo, conférant ainsi à son minuscule et insignifiant pays l’envergure d’une puissance économique en Europe.
L’autre fait marquant du siècle fut l’invention de l’automobile et la conséquente demande globale du caoutchouc. Le Congo disposait d’immenses réserves de caoutchouc, sa population représentait une importante main-d’œuvre disponible pour recueillir la sève d’hévéa à partir de laquelle est fabriqué le caoutchouc. Léopold II s’appropria le Congo qui devint son domaine privé, autrement dit une colonie d’esclaves. 24 ans plus tard, lorsqu’il rendit cette colonie à l’Etat Belge, 10 millions de congolais avaient été exterminés.

En 1956, le Congo eut son premier diplômé de l’enseignement supérieur. De 1908 en 1960, année durant laquelle le Congo devint indépendant, il n’y avait que 17 diplômés de l’Université pour une population largement décimée de 13.5 millions d’âmes.

Patrice Lumumba devint démocratiquement le premier président congolais, puis livré à lui-même pour gouverner un pays sans administration et sans outils de gouvernance. Fait aggravant, Lumumba ne partageait pas l’opinion du roi Baudouin sur le merveilleux cadeau qu’est la civilisation apportée par la Belgique aux congolais. Son rappel de l’extrême barbarie infligée aux congolais et sa détermination à établir la justice firent de Lumumba un obstacle aux intérêts occidentaux en général et belges en particulier. Lors d’un coup d’état organisé et mené par la Belgique, Lumumba fut emprisonné, torturé puis assassiné (ndlr :dissout dans de l’acide). Les autorités belges viennent de reconnaître leur responsabilité dans ce meurtre et ont présenté des excuses aux enfants de Lumumba.

Mobutu Sese Seko, dont la personnalité docile était appréciée des Belges et des Occidentaux en général, fut par la suite installé comme dictateur Président en 1965. Durant son règne jusqu’en 1997, à l’image de Léopold II avant lui, il pilla le Congo qu’il renomma Zaïre, en détournant à son profit plusieurs milliards de dollars déposés dans des banques occidentales.

Réalités historiques

Durant le règne de Mobutu, le régime kleptocrate congolais n’a connu ni coup d’Etat, ni semonce de condamnation pour mauvaise gouvernance de la part des Occidentaux. Bien au contraire, la complicité de l’Occident est patente dans le pillage du pays le plus riche du monde par ses stocks en ressources naturelles. L’uranium du « Congo belge » servit de matière fissile au projet « Manathan » qui produisit la première bombe atomique. Le gouvernement kleptocrate du régime Mobutu fut soutenu par le président US Ronald Reagan, lequel gratifiait Mobutu d’un étonnant « homme de bon sens et de bonne volonté ».

L’histoire retient de cette expérience la complicité de l’Occident dans la paupérisation de l’Afrique, le génocide des peuples, la militarisation, le sous-développement et plus récemment la marginalisation des Africains. Le professeur Ali Mazrui décrit ces processus en ces termes :
     « L’Europe cessa d’exporter les filles et fils d’Africains pour finalement coloniser l’Afrique elle-même. Impérialisme et diplomatie du canon furent la face hideuse de la mondialisation. L’acier et d’autres métaux utilisés dans l’industrie manufacturière occidentale devinrent la plus importante tentation. »

Le professeur Mazrui observa ensuite que « chaque étape dans la contribution de l’Afrique au développement de l’Occident était en elle-même un moment dans l’histoire de la mondialisation. ». Ensuite, le prétexte des pays africains inconscients, mal gouvernés, terres d’élites corrompues et malheureusement mis à l’écart de la prospérité est démenti par les procédés concrets d’accumulation de capital et de marginalisation imposée par les systèmes européens dans leurs engagements coloniaux envers l’Afrique.
« Les bateaux négriers furent utilisés pour déporter des millions d’Africains aux Amériques et en Europe, où ils servirent de main-d’œuvre dans la révolution agraire américaine et la révolution industrielle européenne. » ajouta le professeur Mazuri.

Le processus de captation des ressources (argent, minerais et populations) connaît une nouvelle phase dans le projet néolibéral mis en place en Afrique par les groupes d’intérêt du G-8. Ce cycle qui a conduit à la colonisation, à l’échec des institutions internationales (banque mondiale et FMI) et aboutit à la destruction des Etats africains amène les occidentaux, dans leur propre intérêt, à s’intéresser au problème de la « dette de l’Afrique ». Lord Palmerston disait que « la Grande Bretagne n’a point d’amis, que des intérêts », le premier ministre anglais, Antony Blair, n’a peut-être pas repris ses propos mais l’analyse de la situation actuelle fait dire que rien n’a absolument changé.

Historiquement, les actions des gouvernements français, portugais, allemands, anglais et autres européens ne diffèrent pas du comportement des Belges. Les premiers camps de concentration furent érigés par les anglais pour exterminer les sud-africains. Le régime allemand qui préfigurait le nazisme extermina plus de 80.000 Herero en Namibie. Cecil Rhodes s’appropria des terres du Matabele pour créer la Rhodésie (actuel Zimbabwe), laissant derrière lui des peuples disloqués. Plus tard, dans la résolution dite « the Lancaster House Agrement » traitant de la question des terres en Rhodésie, Le gouvernement britannique refusa de discuter et clot une fois pour toutes ce dossier toujours d’actualité au Zimbabwe. Sans être en reste, le premier ministre Thatcher et le président Reagan prolongèrent l’agonie du régime d’apartheid sous le fallacieux prétexte d’une politique « d’engagement constructif ». Le but poursuivi par les occidentaux est de bloquer tout processus de développement de l’Afrique qui leur échapperait.

La réalité historique de l'Afrique ne se réduit pas aux expériences contemporaines de captation de ses richesses par les multinationales occidentales, ni aux conditions d’emprunt et des termes d’échanges que le continent entretient avec les anciens maîtres coloniaux au sein du G-8. Le mot « aide » lui-même masque un processus élaboré et complexe de prévarication basé sur l’emploi de consultants et d’experts grassement rémunérés, l’application des politiques mal adaptées aux réalités du continent et la difficulté d’identifier les responsabilités en cas d’échecs des mesures recommandées. Les Etats-unis et l’Union européenne recommandent la libéralisation du marché africain, appellent à la privatisation des systèmes de santé, d’éducation et d’approvisionnement en eau, exigent des coupes nettes dans les dépenses sociales. Aujourd’hui encore, l’UE et les Etats-Unis subventionnent généreusement leurs paysans d’un côté et protègent leurs marchés contre l’importation des produits africains. Le pays le plus endetté et qui cumule le record du monde des déficits n’est rien d’autre que les Etats-unis d’Amérique.

Les politiques macro économiques qui sont imposées aux pays africains ont des conséquences désastreuses dans les villages. La vision généralement répandue en Occident est l’incompétence et la corruption des leaders africains, mais il reste plus difficile de discerner l'impact abyssal de la corruption dans les structures de gestion des aides, les pratiques illégales des investisseurs étrangers, l’inadéquation des politiques décidées en Occident et qui compromettent le développement de l’Afrique.

(A suivre...)


 
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