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Actions judiciaires: Traites négrières : Plaidoyer pour les réparations (part 2)
Edité le 13 mars 2006


Actions judiciaires
Le rôle de la militarisation
Dans son discours au sommet du G-8 à Gleneagles, le premier ministre britannique, Anthony Blair, a déclaré que l’Afrique était « une cicatrice dans la conscience du monde ». Outre la violence des mots employés, les remèdes du G-8 axés sur la réduction de la dette n’ont pas été à la hauteur de l’opération de chirurgie esthétique attendue.

Il est de bon ton aujourd’hui de promettre une augmentation de l’aide au développement qui se poursuivrait jusqu’en 2010. C’est une imposture d’annoncer le doublement de l’aide publique depuis 2004. Des estimations évaluent le financement à l’éducation du primaire de tous les enfants d’Afrique Noire au coût de 2 avions bombardiers.

Les politiques d’éducation, condition d’un développement durable de l’Afrique, ne pèsent pas lourd devant la priorité du G-8 qui est la militarisation.

La militarisation est la plus importante contribution de l’Occident envers une Afrique sous-développée. La militarisation est concomitante à l’engagement colonial des Européens en Afrique, à l’image des rapports économiques entre l’Afrique et l’Occident. Le prix Nobel de la paix, Wangari Maathai, déclara « Il y a en effet beaucoup de pauvreté en Afrique, mais l’Afrique n’est pas un continent pauvre ». L’Afrique du Sud et le Zimbabwe cumulent 98% des réserves de chrome. Le Congo et la Zambie détiennent 50% des réserves mondiales de Cobalt. Dans un futur proche, 1 baril de pétrole sur 4 sera extrait des forages ouest et centre-africains.

Le chrome, le cobalt (très utilisé dans la fabrication des réacteurs d’avions), le diamant industriel ainsi que de nombreux autres minerais abondent en Afrique. Ce sont les conditions actuelles et passées d’exploitation des richesses africaines, puis l’organisation de « l’aide au développement » qui perpétuent l’endettement et l’appauvrissement du continent, freinent les Africains dans leurs processus d’évolution et hypothèquent le développement du potentiel humain.

Les mouvements qui empêchent toute organisation structurée d’aide au développement de l’Afrique sont actifs à l’intérieur du continent et souvent très largement manipulés de l’extérieur.

Tandis que les Etats-Unis augmentaient leurs dépenses d’armement de 12% environ en 2005, pour atteindre 455 milliards de dollars. Le programme des Nations-Unies d’aide au développement fixait la contribution des pays du G-8 à un niveau insignifiant de 0,7% de leur PIB. Les Etats-Unis, qui peinent encore à atteindre cet objectif, contribuent à l'effort d'aide au développement pour 4,1% de leurs dépenses militaires.

Les autres facteurs qui hypothèquent lourdement le développement de l’Afrique sont ces établissements qui contrôlent la balance des paiements et les fonds d'aide au développement, à savoir le FMI et la Banque mondiale. Ces établissements édictent, dirigent, approuvent, évaluent, surveillent et régissent le financement des projets d’aide tout en fixant les orientations économiques des Etats « aidés ».

Malgré les dévaluations successives des monnaies africaines et les taux d’intérêt excessifs qui leurs sont imposés par les programmes d’ajustement structurel du FMI, les institutions continuent à imputer les colossaux échecs de leurs politiques à la corruption des gouvernants des pays du Sud.

La surchauffe économique engendrée par la production chinoise et indienne entraine une augmentation globale des besoins énergétiques et une explosion de la demande de pétrole en particulier.

Les mensonges éventés de la guerre d’Irak ont montré au monde entier que cette « guerre du pétrole » n’était faite que dans l’intérêt des occidentaux qui cherchent à s’accaparer d'une ressource devenue rare. L’Afrique, qui dispose d’un potentiel inestimable pour alimenter la planète en pétrole, doit se préparer à faire face à la férocité des occidentaux. L’Europe et les Etats-Unis voient leurs ventes d’armes augmenter dans les pays d’Afrique ayant enregistré une forte croissance des revenus pétroliers. La Chine, qui n’est pas en reste, est devenu le principal fournisseur d’armes au régime soudanais.

Nul besoin d’être un génie pour voir que les raisons qui ont poussé les Occidentaux à suréquiper les pays du golfe en armement vont favoriser le surarmement des Etats Africains et engendrer des guerres dans les régions pétrolifères d’Afrique.

La militarisation a toujours été utilisée dans les économies occidentales pour opérer des transferts de richesses tout en asséchant les économies locales. Les pays d’Afrique et du Moyen-Orient représentent à eux seuls 33% des ventes d’armes mondiales, tandis que l’Afrique Noire ne pèse que pour 2,1 % dans les échanges économiques mondiales. Quoi qu’il en soit, détourner des richesses à des fins de militarisation handicapent plus lourdement les politiques d’éducation et de santé dans les pays les plus endettés de la planète que dans les Etats développés et riches. Sur 41 pays les plus endettés que compte la planète, 30 sont situés en Afrique Noire.

En 2001, le Président Bush retira l’engagement des Etats-Unis sur le traité de missiles anti-balistiques signé en 1972, ranimant des vielles tensions entre les superpuissances détentrices de la technologie nucléaire. En réponse, les dirigeants Nord-Coréens reprirent leur programme d’armement nucléaire en prétextant qu’une agression serait inévitable dès lors que les lois internationales sont abandonnées au profit de la force internationale sous l’égide des Etats-Unis. L’Afrique, potentiel client et future cible des industriels de l’armement, se procurera sa ration d’armes sous le prétexte que les Etats doivent se protéger du « terrorisme ». Ces prétextes ne devraient pas cacher les enjeux de la course à l’armement qui profite uniquement aux économies occidentales.

Bush, Blair et la dette odieuse
La dette, le (sous)développement et le marché de l’armement sont liés par les mêmes intérêts et les pays les plus endettés restent un marché très lucratif pour le commerce des armes conventionnelles au profit des pays du G-8.

La militarisation du continent deviendra un écueil auquel l’Afrique n’échappera qu’en choisissant les voies de la paix pour assurer son développement et sa prospérité. Sur la pression coercitive des Etats-Unis, les dirigeants libyens ont abandonné leurs projets d’armement nucléaire pour faire de la Libye un havre de paix et de prospérité. Les pays d’Afrique Noire seraient mieux inspirés en adoptant des mesures politiques équivalentes pour faire de l’Afrique un continent sans arme, même conventionnelle.

Naturellement, l’Occident aura plus à perdre de cette politique dans la mesure où elle restreint les marchés de vente d’armes qui fondent la croissance économique des pays du G-8.

Le premier ministre Anthony Blair et le président George Walker Bush ne pouvaient pas annoncer à leurs électeurs, en 2002, les raisons de leur engagement dans la guerre d’Irak et leur volonté de s’approprier les réserves pétrolières de ce pays. Il leur fallut trouver une raison, un mensonge, pour justifier l’agression de l’Irak à l’opinion publique mondiale. Naturellement, les 2 hommes trompèrent leurs électeurs, puis par ricochet la communauté internationale, en présentant des preuves d’existence d’armes de destruction massive en Irak. Le coût humain de cette « aventure criminelle », en violation de l’article 2 de la charte de l’ONU, peut éclairer sur la barbarie occidentale dans sa relation à l’Afrique.

Devenus conscients des tragédies humaines qui se déroulent dans le continent, le musicien Bob Geldorf et d’autres personnalités de bonne volonté se sont mobilisés dans un « élan de générosité » pour « sauver » l’Afrique des horreurs du SIDA. Le continent à lui seul représente 45% de la mortalité infantile mondiale et 4,5 millions d’enfants Noirs y mourront avant l’age de 5 ans. Bien entendu, M. Bush rejeta le programme « Millenium » des Nations-Unies, appelant les Etats à contribuer à la hauteur de 0,7% du PIB, à l’effort de construction du continent. La contribution de M. Blair au traitement de la « cicatrice à la conscience mondiale » fait toujours cruellement défaut. Quand Bob Geldorf alertait la communauté internationale en chantant pour l’Afrique, M. Anthony Blair semblait jouer une toute autre partition, plus enclin à redorer son image auprès des britanniques.

Dès lors qu’il ne reste plus d’alternative, l’Afrique doit prendre en considération le processus d’annulation totale de sa dette. Les Etats africains doivent intensifier leurs actions politiques et exiger massivement des occidentaux le respect des lois internationales.

Justice pour l’Afrique
En droit international, existe le concept de « la dette odieuse ». Ce concept définit l’accumulation de dettes dans des circonstances telles que le débiteur ne peut plus s’acquitter de cette dette. Le concept peut s’appliquer à la dette africaine, les pays ayant subi l’apartheid ont déjà bénéficier de cette loi dans leurs exigences de réparation. Le Congrès National Africain (ANC) auquel les bailleurs de fond exigeaient le remboursement des dettes accumulées par les régimes racistes et négrophobes, malgré les sanctions internationales, se défendit en appliquant ce concept. Cette dette odieuse et illégale fut annulée.

Pourquoi, au vue de ces considérations, l’Afrique devrait payer une dette illégale, immorale, odieuse et qui dénie aux Africains l’accès à l’éducation, à la santé et aux services couvrant leurs besoins élémentaires?

De même, le Zimbabwe, la Zambie et le Mozambique formèrent un front uni pour se défendre des agressions du régime d’apartheid d’Afrique du sud (soutenu par les puissances coloniales occidentales et le régime sioniste). Les dettes contractées dans ce contexte sont « odieuses » et devront être annulées.

Lorsque les Etats-Unis demandent l’annulation ou le rééchelonnement de la dette contractée par le régime irakien, ils posent un acte politique qui devrait rapidement être accordé aux Etats africains. En quoi les crises humanitaires en Afrique seraient-elles moins dramatiques que les forfaitures du régime irakien ?

Des milliards de dollars sont empilés dans les banques occidentales, fruits des conflits d’intérêts dans la coopération Nord-Sud, des systèmes de captation des richesses par les multinationales ou de corruption des élites africaines.

D’importants efforts ont été déployés au niveau international pour harmoniser les législations contre le blanchiment de l’argent sale. Il est donc possible d’utiliser les structures mises en place contre l’argent sale pour retrouver les fortunes volées aux Etats africains et les restituer aux populations.

Solutions pour résorber la dette africaine
Le droit international a ses affidés qu’on appelle en d’autres termes les « traités ». A l’image des luttes contre le blanchiment de l’argent sale, il est possible de mettre en œuvre une batterie de traités en vue de mieux pourvoir aux besoins des Africains. Les traités contre la prolifération des armes (ex le traité d’Ottawa contre la dissémination des mines anti-personnelles) ; les traités de lutte contre la corruption et la grande délinquance financière ; les loi de restitution des biens spoliés dans les pays du G-8 ; toutes ses mesures que les occidentaux pourraient de façon opportune et constructive aider à mettre en application, seront utiles à l’éradication de la pauvreté en Afrique. De telles suggestions dépassent bien entendu le seul symbolisme des concerts organisés à Gleneagles pour « sauver » l'Afrique. Les traités à mettre en place seront perçus comme un signal fort et résolu à l’adresse des acteurs politiques et économiques, les informant des condamnations internationales qu’ils encourraient en cas de corruption et autres malversations.

Le premier traité international pour l’Afrique devrait être la déclaration universelle instituant le continent « zone démilitarisée ». Fournisseur universel d’armes de destruction massive, l’Occident devrait être précurseur en décrétant des mesures d’arrêt des ventes d’armes conventionnelles à l’Afrique et organiser des structures humanitaires qui contrôleraient l’efficacité de ce traité. La conséquence immédiate serait les vies humaines sauvées et le regain de crédibilité du G-8.

Avec la volonté politique, toutes les mesures préconisées ici peuvent être avancées et mises en application pour le bien-être de l'Afrique. Elles sont une première étape vers les exigences de réparations qui se mettent en place.

Conclusion
Les pays du G-8 ont montré l’intérêt qu’ils portent aux souffrances de l’Afrique, mais les actions mises en œuvre pour aider le continent s’avèrent insuffisantes. Les Africains eux-mêmes et les enfants de la Diaspora doivent être partie prenante et s’impliquer dans les processus de prise de décision et les actions qui concernent le futur de l'Afrique.

Le passé historique de l’Occident dans sa relation avec l’Afrique ainsi que les échecs des projets politiques organisés par les occidentaux leur confère des devoirs pour le développement de l’Afrique. Prétendre le contraire serait une imposture raciste.

Il est nécessaire de renforcer des systèmes de responsabilité en Afrique. Il est de même impératif que des processus démocratiques non biaisés soient intégrés au niveau régional par l'intermédiaire des politiques conçues pour le développement durable de l'Afrique.

Les différentes politiques de développement organisées par l’Occident ont uniformément échoué. Il est temps de prendre en compte les priorités des populations concernées, dans les choix de dépenses pour leur développement et leur bien-être.

L’Occident porte une lourde responsabilité historique dans les différentes crises qui secouent l'Afrique.

L’Occident a également une dette, pas simplement pour avoir déporter et décimer des populations Noires, pas simplement pour avoir piller un continent riche, mais aussi pour les échecs plus récents de ses politiques qui ont augmenté la dépendance et la pauvreté à travers tout le continent africain.

Pour ces dettes, l’Occident doit des réparations.


 
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