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Holocauste: La tête du roi Nana Badu Bonsu retourne enfin au Ghana
Edité le 04 août 2009


Société
Est-ce une des conséquences de la visite du président Américains Barack Hussein Obama au Ghana ?
Les autorités néerlandaises se préparent à rendre aux Ghanéens la tête du roi Nana Badu Bonsu II, que les colons européens avait assassiné il y a près de 200 ans, et qu’ils cachaient dans les dédales d'un étrange voyage à travers les coins les plus sombres de l'histoire coloniale.

L'histoire du roi ghanéen décapité au dix-neuvième siècle, et dont la tête a été enfermée pendant 170 ans dans un bocal de formol au laboratoire médical de l'Université de Leiden, au Pays-Bas, ne peut que choquer la communauté humaine.

Cette histoire laisse un profond sentiment de rage quand on apprend que le roi décapité, Nana Badu Bonsu II, avait été tué par un général Néerlandais, parce qu’il avait commis l'impardonnable crime de tuer deux émissaires néerlandais. Sa tête a donc fini suspendue en guise de trophée. L’inhumanité des Européens est sidérante.

D’après un rapport officiel diffusé par un journal en ligne ghanéen, la tête de Nana Badu Bonsu, roi des Akan-Asantes, a été découverte dans un bocal rempli de formol par un écrivain qui faisait des recherches pour son prochain roman sur l’Afrique.

Comme à leur habitude, les Européens justifient la décapitation et la rétention de la tête de Nana Badu Bonsu, par des recherches en « phrénologie », semble-t-il, pour prouver scientifiquement que les indigènes d'Afrique appartenaient au genre humain, au même titre que les Occidentaux. Le bourreau du roi ghanéen en 1830, le major General Jan Verveer, avait effectivement transféré la tête de Nana Badu Bonsu à l’Université de Leiden.

Ce qui est inquiétant dans cette histoire n'est pas la demande du gouvernement de Kofi Kufuor afin que les restes de Nana Badu Bonsu soient rendus à sa patrie pour qu’il soit dignement enterré parmi les siens, mais l’apparente naïveté de ceux qui acceptent la version néerlandaise sur les raisons de l’assassinat du roi ghanéen par Jan Verveer.

Jan Verveer n'avait absolument aucune raison de s'aventurer sur les terres des Asantes, si ce n’était pour organiser des razzias, capturer de futurs esclaves ou enrôler de force des soldats pour le compte de l’empire colonial néerlandais.

Dans ces conditions, le soi-disant meurtre des deux émissaires néerlandais ne peut pas être une excuse que le gouvernement néerlandais invoquera pour justifier l’assassinat du roi ghanéen. Néanmoins, le gouvernement du Ghana doit rester ferme et exiger la vérité sur les raisons précises et les conditions qui ont entrainé la décapitation de Nana Badu Bonsu. L’histoire nous donne suffisamment de clés pour comprendre que les deux émissaires néerlandais n'étaient pas simplement sur nos terre en tant que messagers officiels, mais, selon toute probabilité, étaient des espions, envoyés en repérage par la société de commerce néerlandaise à Accra, afin de faciliter le lancement d'une attaque sanglante visant à capturer et à réduire en esclavage le roi Asante et ses sujets.

Si la précédente observation a un iota de véracité ou de plausibilité, alors le gouvernement du Ghana devrait discuter avec son homologue néerlandais, puis exiger une compensation raisonnable pour l'humiliation et les souffrances exercées sur Nana Bonsu Badu, sur son peuple et sur la nation ghanéenne dans son ensemble.

Une fois que les Européens en général, et les Néerlandais en particulier, auront réparé ces crimes, alors le peuple d'Asante pourra demander que l’on retire la tête décapitée de son dernier monarque du râteau sur lequel elle est accrochée et entamera le long processus de cicatrisation des blessures infligées à un peuple fier.

Bien sûr, il faudra continuer à se battre pour que la tête empaillée d’un de nos plus vaillants ancêtres et protecteurs ne soit plus exhibée comme un spécimen dans les vitrines des académies néerlandaises, néanmoins, notre priorité absolue ne devrait pas tourner autour des croyances mytho-religieuses qui prétendent condamner l’esprit du roi Nana Badu Bonsu à errer indéfiniment dans les abîmes de l’au-delà, si nous échouons à restituer sa tête. Après tout, quels moyens avons-nous pour apprécier si le roi, avec une tête empaillée, est apte ou non pour le règne des forces de l'au-delà?

En somme, il semble probable que des scientifiques néerlandais et pseudo-scientifiques européens aient trouvé sublime la belle tête du roi Asante et n’ont pas pu résister à la glorieuse tentation de s’en accaparer en guise de souvenir.
Cette petite boutade mise a part, l’histoire du roi Nana Badu Bonsu doit aussi ouvrir les pages sombres des indésirables marchands d’humains, chassés d’Espagne et venus développer le commerce triangulaire à partir des Pays-Bas. Cette histoire devrait également attirer l'attention des Historiens et des Chercheurs vers le sous-continent indien et ses Etats voisins, dans le sillage de ces commerçants néerlandais qui déportaient des enfants d’Afrique pour les revendre dans les Indes Orientales ou aux Pays-Bas où ils étaient enrôles dans l’armée coloniale.
Le Dr. Robina Bhatti, une Pakistanaise vivant et enseignant en Californie, avait révélé l’existence des tribus africaines sur le sous-continent indien. D’après le Dr Bhatti, ces Africains déportés en Inde perpétuent encore les rites et traditions ghanéennes, et désirent ardemment forger des liens culturels et familiaux avec la diaspora et surtout avec ceux d'entre nous encore solidement ancrés à la maison. Cet appel du Dr Bhatti fut à ma grande surprise accueilli avec une insouciance et même une certaine apathie de la part des gouvernants africains. Nul ne doutera que l’étude de ces tribus apportera d’amples connaissances sur les réalités tragiques de la traite négrière et de la période coloniale.

La conclusion de cette histoire est le regard critique que les Africains et leurs descendants doivent poser sur leurs relations avec les Européens. Si ces derniers ont commis des actes répréhensibles et imprescriptibles, ils se doivent de réparer les préjudices subits par les familles des victimes et leurs descendants.
Les discours de repentance, comme celui du ministre néerlandais des Affaires étrangères, Maxime Verhagen, déclarant face aux descendants du roi Nana Badu Bonsu : « Nous sommes ici pour œuvrer mutuellement au repos des épisodes de l'histoire qui ont été malheureux et honteux », sont sans doute nécessaires, mais en aucun cas ne peuvent être la panacée. La férocité des crimes occidentaux ne peut que déclencher une exigence radicale de justice et de réparation de la part des descendants d'Africains.
Refuser par cécité mentale ou par idéologie raciste d’examiner les crimes du passé n’arrêtera pas le désir grandissant des descendants d’Africains de demander justice et je doute fort que ce soit à l’avantage des Européens, ni maintenant, ni dans le futur.


La rédaction du MNH

 
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