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Colonialisme: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
Edité le 16 décembre 2010


 Entretien exclusif avec Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères de la République de Côte d’Ivoire Les dessous d’une manipulation médiatique mondiale. Propos recueillis par Yannick Urrien ? « Radio kernews.fr ».  
 
 C’est le premier entretien que vient d’accorder Son Excellence Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères de la République de Côte d’Ivoire, à un média français après les récentes élections présidentielles en Côte d’Ivoire. Il dénonce l’ingérence des Nations Unies, pilotées par la France et les Etats-Unis, dans la gestion d’un Etat souverain. Cet entretien exclusif a été diffusé lundi 13 décembre 2010 sur la « radio Kernews ». Nous en publions ci-dessous le texte avec quelques modifications liées à la retranscription d’un entretien oral en langage écrit. Compte tenu du caractère sensible de cette affaire, nous insistons sur le fait que seul l’enregistrement sonore reflète précisément les propos et le ton de Son Excellence Alcide Djédjé. Ce diplomate de formation qui a fait ses études en France, à « Sciences Po », a notamment été représentant permanent de la Cote d’Ivoire à l’« ONU ». Homme de confiance du président Laurent Gbagbo, il a été nommé ministre des Affaires étrangères.
 

Kernews.fr :
 
Pourquoi pensez-vous que Paris et Washington ont pris parti à ce point sur cette question de politique intérieure ivoirienne ? Pour vous, est-ce une ingérence dans les affaires intérieures d’un pays souverain ?


Alcide Djédjé : Oui, il s’agit d’une ingérence grave dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire de la part de la France et des États-Unis. Cette ingérence s’est faite d’abord au « Conseil de sécurité » à New York, puisque le représentant des services extérieurs des Nations Unies a reçu des fortes pressions pour que le président de la « Commission électorale indépendante », qui normalement siège de façon collégiale et par consensus, soit amené dans les locaux de l’« ONUCI » à Abidjan pour proclamer les résultats. Monsieur Choi a refusé et il m’a appelé à cet effet. C’est ainsi que le président de la « Commission électorale indépendante », Monsieur Youssouf Bakayoko, a été amené à l’« Hôtel du Golf », le « QG » de campagne de Monsieur Ouattara, devant la presse étrangère, dont « France 24 », pour proclamer de faux résultats. Au vu de ces résultats, on constate que le taux de participation passe de 70% à 81% : nous avons donc constaté que plus de 630 000 voix on été rajouté après la fermeture des bureaux de vote. Voilà ce qui se passe en Côte d’Ivoire et cela a été fait par la France et les États-Unis… L’ambassadeur de France et l’ambassadeur des États-Unis en Côte d’Ivoire sont très actifs et, la veille, le président Sarkozy avait envoyé un courrier au président de la « Commission électorale indépendante » pour lui demander de proclamer les résultats sur le champ. J’étais moi-même en face de militaires Français qui, à 22h40 le soir, tentaient de remettre le courrier au président de la « Commission électorale indépendante ». Cela nous a été signalé par les militaires ivoiriens. Je me suis rendu sur les lieux moi-même et j’ai appelé l’ambassadeur de France qui a demandé aux militaires de retourner au « camp Licorne », ils semblaient très embarrassés. Ce sont ces instructions du président Sarkozy qui ont été exécutées le lendemain. Ensuite, le président Sarkozy, et aujourd’hui le président Wade, ont appelé le président Jonathan Goodluck pour orienter la décision de la « CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) ». Plus grave encore, l’ambassadeur américain à Abidjan, que j’ai reçu en mon bureau, connaissait la veille la position que l’Union africaine allait prendre. Donc, il s’agit non seulement d’une ingérence dans les affaires intérieures, mais d’une manipulation des institutions telles que la « CEDEAO » et l’« Union Africaine » pour que Alassane Ouattara soit déclaré président. Malheureusement pour eux, Monsieur Ouattara n’a aucune prise sur la réalité du terrain ici en Côte d’Ivoire. Donc, nous avons formé notre gouvernement parce que le président Gbagbo a été élu président de la République comme suite aux réclamations faites et aux décisions du « Conseil Constitutionnel » qui l’a proclamé vainqueur. Voilà comment les choses se présentent aujourd’hui à Abidjan.
 
 
Kernews.fr :
Excellence, vous nous avez rappelé cet état de fait : c’est-à-dire cette différence de voix, l’écart entre la participation et le nombre de voix proclamé au moment de l’élection, avec près de 630 000 bulletins de vote en plus. En France, on disait ironiquement il y a quelques décennies, à l’époque où il y avait des bourrages d’urnes dans certaines banlieues, que l’on faisait voter les morts… Nous n’en sommes pas très loin, finalement… 
 
Alcide Djédjé : Oui, bien sûr, on voit bien que tout a été orchestré parce qu’ils voulaient absolument qu’il y ait cette proclamation illégale, hors délai, de la « Commission électorale indépendante ». Pendant que les trente autres membres de la « Commission centrale » attendaient au siège de la « CEI », Monsieur Bakayoko a été kidnappé par l’ambassadeur de France et des États-Unis, encadré par des gendarmes des « Forces nouvelles » et l’« ONU », pour aller proclamer des résultats et, plus grave, au « QG » de campagne de l’un des candidats. Ceci, sur une télévision française… Je ne comprends pas cet empressement et nous voyons aujourd’hui que c’était vraiment grossier. Cela apparaît comme quelque chose de surréaliste et une ingérence trop grossière, trop flagrante… J’ai dit à l’ambassadeur des États-Unis qu’il n’était pas subtil dans sa manière de faire. On peut avoir des préférences, mais il faut agir de façon subtile et responsable. On ne peut pas montrer de cette façon, faire comprendre que nos institutions sont inutiles, cinquante ans après notre indépendance, montrer que le « Conseil Constitutionnel » est inutile. Pourtant, toutes nos institutions sont calquées sur des institutions similaires en France et aux États-Unis. La validation par la « Cour suprême » des États-Unis de la première élection du président Bush participe à cette réalité. Personne d’autre, aucun autre Etat, n’a contesté la validation par la « Cour suprême » des États-Unis de l’élection de Monsieur Bush. En France, il y a eu des invalidations qui concernent Madame Ségolène Royal, je n’ai pas d’éléments précis là-dessus, mais le « Conseil Constitutionnel » joue ce rôle en France. Pourquoi, en Côte d’Ivoire, ce serait un représentant du secrétaire général des « Nations Unies » qui jouerait ce rôle ? Simplement, on pense qu’il faut toujours flouer notre souveraineté, on pense qu’il faut toujours nous écraser et cela, nous ne pouvons pas l’accepter. Nous avons formé notre gouvernement.  Peut-être que l’on viendra nous écraser, nous chasser tous de Côte d’Ivoire, faire de la purification, pour qu’il y ait une Côte d’Ivoire conforme à la façon de penser de Monsieur Sarkozy et des autorités américaines. Nous restons sur notre position, nous sommes dans le droit, et nous ne pouvons pas accepter qu’un pays souverain membre des Nations Unies soit traité de la sorte par un fonctionnaire des États-Unis sur injonction de deux capitales, Paris et Washington.



 Kernews.fr :
Les médias occidentaux nous expliquent qu’il y a une pression de la communauté internationale contre Laurent Gbagbo et son équipe. Que signifie la communauté internationale ? On a vu que la Russie a une position légèrement divergente, que la Chine ne partage pas cette position, ainsi que beaucoup d’autres pays. Cela signifie-t-il qu’il y aurait une communauté internationale médiatique, celle qui donne le la dans les médias internationaux, celle qui forge l’opinion publique mondiale et que seule cette communauté internationale médiatique compterait ?


Alcide Djédjé : Vous avez raison. Dans cette affaire, la Russie a pris position très clairement. D’abord, il n’y a pas eu à New York de déclaration présidentielle, comme le souhaitait Susan Rice qui préside en ce moment le Conseil de sécurité pour les États-Unis. Il y a eu un communiqué de presse, qui n’a pas la même valeur… Et même le contenu de ce communiqué de presse a été discuté pendant plusieurs jours, ce qui est très rare, pour que finalement, suite à la manipulation qui a été faite par le président français à la réunion de la « CEDEAO », la Russie, par principe, tout en n’étant pas d’accord sur le fond et en maintenant sa position sur la souveraineté de la Côte d’Ivoire – en disant que ce n’était pas le mandat des Nations Unies de scinder des comptes et de proclamer des résultats dans une élection présidentielle dans un Etat souverain – la Russie a laissé publier ce communiqué. Nous avons rencontré le représentant russe après et cela ne veut pas dire qu’elle était d’accord sur le fond. La Chine, également, a eu une attitude très claire. Le gouvernement chinois a fait un communiqué pour dire qu’il fallait laisser prévaloir le droit, respecter les institutions et aller au dialogue politique. C’est la teneur du communiqué de la Chine. Vous avez raison de dire que la Chine, la Russie, et même l’Afrique du Sud, car il y a une position qui n’était pas similaire à celle de la « CEDEAO », ni à celle de l’« Union Africaine »… et également l’Angola, la Libye et la « Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD) » sont très clairs là-dessus. Simplement, ce qui fait la différence, comme vous le dites, c’est le battage médiatique : c’est-à-dire, par médias interposés, faire croire que le président Gbagbo est isolé. Le « coup » a été fait, mais ils ne sont pas allés jusqu’au bout parce qu’ils s’attendaient à ce qu’à la proclamation des résultats provisoires, de façon illégale et rocambolesque, sur le terrain, la population sorte, dise que Laurent Gbagbo a perdu et demande son départ. Tout est resté calme parce que le président de la République a la Côte d’Ivoire pour lui et la Côte d’Ivoire avec lui. Il a l’armée, il a la police, il a la gendarmerie et la population de Côte d’Ivoire. C’est la réalité du terrain. Malgré les médias, il n’est pas facile de prendre un pays, sinon par la force. Tout ce qui leur reste à faire, c’est venir envahir la Côte d’Ivoire et installer Ouattara. Même après l’avoir fait, ils ne seront même pas sûrs que Monsieur Ouattara puisse gouverner. Donc, vous avez raison d’affirmer qu’il y a une espèce de campagne médiatique très forte orchestrée par deux capitales principalement, Paris et Washington, certains autres faisant du suivisme opportuniste.


 Kernews.fr : Vous avez évoqué certains Etats, j’ajoute que le nonce apostolique a rencontré le président Gbagbo en l’appelant ainsi : cela signifie-t-il que le Vatican reconnaisse aussi le président Gbagbo ?


Alcide Djédjé : Oui. Bien qu’il n’ait pas encore fait de déclaration, le « Vatican » est très réservé sur ce qui se passe. Il y a des pays qui sont réservés et qui jouent leur rôle habituel de neutralité, tels que la Suisse. Ce que je veux vous dire – faites la différence entre le président Gbagbo et les puissances qui veulent imposer Monsieur Ouattara – c’est que nous voulons construire la paix en Côte d’Ivoire et eux veulent imposer quelqu’un au pouvoir en vue d’en profiter, étant donné qu’ils font partie de certains réseaux, des réseaux d’intérêts. Ils veulent intervenir dans les affaires de la Côte d’Ivoire, ils veulent mettre sous tutelle la Côte d’Ivoire pour pouvoir mieux saisir et exploiter nos richesses. C’est la différence entre eux et nous. Pour eux, peu importe le nombre de morts qui pourraient sortir d’un conflit tel qu’ils l’attisent actuellement. Ils sont devenus des déstabilisateurs et ils ne sont plus des faiseurs de paix. Ils utilisent les « Nations Unies » pour déstabiliser la Côte d’Ivoire. Ce qui se passe est très grave. Les « Nations Unies » sont en train de déstabiliser un pays alors que le rôle des « Nations Unies », sa charte, c’est d’être un faiseur de paix. C’est très, très grave. Cela pose le problème de la gouvernance mondiale. Voilà des pays membres permanents du Conseil de sécurité à qui incombe une très lourde responsabilité pour ramener la paix dans le monde et, au contraire, ces pays utilisent les Nations Unies à leur profit pour des raisons d’intérêts. Peu importe pour eux ce qui peut se passer après. On voit bien que l’on nous a forcés à aller à des élections sans désarmement du Nord ! Pouvez-vous imaginer que l’on puisse organiser des élections dans une partie de la Côte d’Ivoire avec des rebelles armes au poing ? C’est ce qui s’est passé. En mars dernier, dans mon discours aux Nations Unies, j’étais ambassadeur à New York, moi-même et Monsieur Choi à l’époque avions demandé qu’il y ait réunification avant les élections. La France et les États-Unis nous ont dit non et nous ont demandé d’aller aux élections dans ces conditions. Je leur ai dit que pour eux les élections constituaient un dogme, alors que nous recherchons la paix et non pas des élections pour des élections. Aujourd’hui, nous avons le résultat : il y a eu élection et le pays est bloqué. C’est un échec pour la France et les États-Unis. Et la France et les États-Unis sont responsables de la situation actuelle en Côte d’Ivoire et du blocage actuel en Côte d’Ivoire. Ils n’ont pas la capacité de gérer correctement le monde. Il y a un problème de gouvernance qui se pose pour les puissances membres du « Conseil de sécurité », notamment la France et les États-Unis, et qui entraîne des parties du monde dans l’impasse actuellement. Il est bien beau de parler de bonne gouvernance, mais la gouvernance mondiale est ingérable aujourd’hui. La France n’a pas de politique africaine actuellement. Elle procède par petits coups comme en Côte d’Ivoire, en utilisant certains réseaux, c’est bien dommage.
 

 
Kernews.fr :
Deux réflexions s’imposent de la conversation que nous venons d’avoir. D’abord, on a tenté d’organiser des élections dans un Etat souverain, alors qu’une partie du territoire de cet État souverain était encore contrôlée par des milices armées…


Alcide Djédjé : Oui.



 Kernews.fr :
Deuxième point, celui de la gouvernance mondiale, ce qui m’amène à une question plus personnelle : ce problème avait été soulevé au moment de la guerre en Irak, or finalement rien n’a été fait depuis sept ans


Alcide Djédjé : Vous avez raison, rien n’a été fait depuis sept ans. Cela coïncide même avec le début de la crise ivoirienne qui a commencé en 2002. Vous vous souviendrez qu’au départ, les « Nations Unies » étaient chargées de régler le problème en Côte d’Ivoire et, au lieu de chercher à ramener la paix en Côte d’Ivoire, la France, après l’accord de Marcoussis, a fait endosser cet « accord de Marcoussis » par les « Nations Unies » et a toujours tenté de faire partir le président Gbagbo, au lieu de régler le problème de la paix et de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Après, nous avons eu la signature de l’« accord de Ouagadougou (APO) ». Nous avions espéré avoir, avec cette prise en main par les ivoiriens eux-mêmes et avec l’aide du président Compaoré, des élections après la réunification. C’est ce qui était prévu dans l’accord politique de Ouagadougou : les élections devaient avoir lieu deux mois après le désarmement et la réunification. Mais les « Nations Unies », par l’intermédiaire de la France et des États-Unis, ont fait des pressions en disant que le président Gbagbo ne veut pas aller aux élections et qu’il est possible de faire les élections maintenant, etc… Comme à New York, c’est la France qui a l’initiative du projet de résolution sur la Côte d’Ivoire. Bien que récusés par le président Gbagbo, ils ont continué et imposé que les élections aient lieu même avant le désarmement au nord et avant la réunification. Voilà, en manipulant les « Nations Unies », la « CEDAO » et l’« Union africaine » ont abouti à un échec total sur le cas de la Côte d’Ivoire et cela pose le problème de la gouvernance mondiale. Il n’y a pas d’objectif, il n’y a pas d’idéal de paix, mais il n’y a que les réseaux d’intérêts qui comptent et cela aboutit à ce que l’on voit aujourd’hui en Côte d’Ivoire, c’est-à-dire un pays bloqué par la faute des États-Unis et de la France. Ils méprisent les institutions dont la Côte d’Ivoire s’est dotée et qu’elle a calquées sur des institutions similaires en France et aux États-Unis, et qui ont déjà statué dans des cas précis, comme l’élection de Monsieur Bush face à Monsieur Al Gore, pour laquelle personne n’a rien eu à redire dans le monde puisqu’il s’agissait d’une question de souveraineté. Mais lorsqu’il s’agit de la Côte d’Ivoire, puisque c’est un petit pays, peut-être pensent-ils que le président Gbagbo n’est pas de leur réseau ? Peut-être pensent-ils qu’il faut le faire partir et bafouer d’une façon grossière les grands principes qui régissent le monde, c’est-à-dire la souveraineté des Etats et les grands principes qui disent que les peuples doivent disposer d’eux-mêmes ? Il est complètement scandaleux que le président Sarkozy, les ambassadeurs de France et des États-Unis, interviennent d’une façon aussi peu subtile, aussi peu fine, dans les institutions d’un pays souverain. À l’heure où je vous parle, l’ambassadeur des États-Unis cherche directement à rencontrer le directeur général de la télévision « (RTI) » et d’autres directeurs généraux. Il ne passe plus par les canaux traditionnels diplomatiques, c’est-à-dire les ministres concernés ou le ministre des Affaires étrangères. Il agit comme sur un territoire qui n’a pas de maître et nous sommes en pleine recolonisation, cinquante ans après l’indépendance.



 Kernews.fr :
Dans un territoire qui a un maître, en d’autres temps, on appellerait cela un acte de guerre… 
 
Alcide Djédjé : Oui, c’est un acte de guerre. Étant donné que nous n’avons pas d’outrage, il y a certaines choses qui sont tolérées… pour l’instant.



 Kernews.fr :
Pour avoir des clefs de compréhension sur ce qui pourrait, peut-être, se passer dans quelques jours : on lit sur Internet certains messages expliquant que vos opposants pourraient envoyer des bataillons d’enfants au premier rang avec, derrière, les forces rebelles armées, pour éventuellement créer la pagaille dans Abidjan et forcer l’armée à réagir devant les caméras de télévision pour montrer à l’opinion publique mondiale que l’armée du président Gbagbo s’attaque à des enfants… Que pensez-vous de cela ?


Alcide Djédjé : Nous sommes sur le terrain, je ne crois pas qu’ils puissent en arriver là. S’ils en arrivaient là, vous êtes là pour juger, cette affaire fait déjà le tour du monde. Vouloir mettre les enfants en tête pour ensuite accuser l’armée ivoirienne, qu’ils en prennent la responsabilité. De notre côté, nous ferons tout pour qu’ils n’en arrivent pas là. Ce ne sont pas des méthodes classiques de lutte pour le pouvoir.



 Kernews.fr :
Enfin, Paul Collier, professeur à l’« université d’Oxford », souligne que l’Occident estime que son modèle de démocratie peut être dupliqué dans d’autres territoires qui n’ont pas toujours la même culture ou la même problématique de population. Or, il considère que l’on continue de se tromper. Cette crise ne révèle-t-elle pas ce problème ?


Alcide Djédjé : Oui, on aurait même pu l’accepter et nous l’acceptons en tant que tel. Mais quand on fonctionne au gré de ses intérêts, on bafoue ce modèle occidental. L’exemple de la Côte d’Ivoire est clair et net. Il y a des institutions, la « Commission électorale » siège de façon collégiale et par consensus, mais ceux qui prônent le modèle démocratique se mettent hors la loi quand le fonctionnement des institutions ne les arrange plus. Ils emmènent le président de la « Commission électorale indépendante » dans le « QG » de campagne d’un des candidats. C’est incroyable ! C’est la première fois au monde que cela arrive ! Ensuite, on conteste l’arbitrage du « Conseil Constitutionnel », alors que dans leur propre démocratie c’est ce qui s’est fait. Même en acceptant leur modèle, ils agissent au gré de leurs intérêts. Finalement, ils n’ont pas d’idéal et de modèle. L’opinion publique est très forte dans leur pays et ils sont donc obligés de respecter le modèle démocratique dans leur pays. Mais dans les pays les plus faibles, je crois que leur modèle est finalement la dictature. C’est pourquoi je pose le problème de la gouvernance mondiale qui est complètement à la dérive aujourd’hui, par la faute des États-Unis et de la France, dans le cas de la Côte d’Ivoire.


> NOTE :

Coups d’Etats en Afrique :

•1952 :  Égypte, Mohammed Naguib renverse Farouk Ier
> •1958 :  Soudan, Ibrahim Abboud renverse Abdullah Khalil
> •1963 :  Congo, David Moussaka et Félix Mouzabakani renversent Fulbert Youlou
> •1963 :  Togo, Emmanuel Bodjollé renverse Sylvanus Olympio
> •1965 :  Algérie, Houari Boumédiène renverse Ahmed Ben Bella
> •1965 :  Zaïre, Mobutu Sese Seko renverse Joseph Kasa-Vubu
> •1966 :  Burkina Faso, Sangoulé Lamizana renverse Maurice Yaméogo
> •1966 :  Burundi, Michel Micombero renverse Ntare V
> •1966 :  Centrafrique, Jean Bédel Bokassa renverse David Dacko
> •1966 :  Nigeria, Johnson Aguiyi-Ironsi renverse Nnamdi Azikiwe
> •1966 :  Ouganda, Milton Obote renverse Edward Mutesa
> •1968 :  Mali, Moussa Traoré renverse Modibo Keïta
> •1969 :  Libye, Mouammar Kadhafi renverse Idris Ier
> •1969 :  Soudan, Gaafar Nimeiry renverse Ismail al-Azhari
> •1971 :  Ouganda, Idi Amin Dada renverse Milton Obote
> •1973 :  Rwanda, Juvénal Habyarimana renverse Grégoire Kayibanda
> •1974 :  Éthiopie, Aman Andom renverse Hailé Sélassié Ier
> •1974 :  Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Aman Andom
> •1974 :  Niger, Seyni Kountché renverse Hamani Diori
> •1975 :  République fédérale islamique des Comores, Saïd Mohamed Jaffar renverse Ahmed Abdallah
> •1975 :  Nigeria, Yakubu Gowon renverse Johnson Aguiyi-Ironsi
> •1975 :  Tchad, Noël Milarew Odingar renverse François Tombalbaye
> •1976 :  Burundi, Jean-Baptiste Bagaza renverse Michel Micombero
> •1976 :  République fédérale islamique des Comores, Ali Soilih renverse Saïd Mohamed Jaffar
> •1977 :  Congo, Joachim Yhombi-Opango renverse Marien Ngouabi
> •1977 :  Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Tafari Benti
> •1978 :  République fédérale islamique des Comores, Said Atthoumani renverse Ali Soilih
> •1978 :  Mauritanie, Mustafa Ould Salek renverse Moktar Ould Daddah
> •1979 :  Centrafrique, David Dacko renverse Bokassa Ier
> •1979 :  Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo renverse Francisco Macías Nguema
> •1979 :  Tchad, Goukouni Oueddei renverse Félix Malloum
> •1979 :  Ouganda, Yusufu Lule renverse Idi Amin Dada
> •1980 :  Burkina Faso, Saye Zerbo renverse Sangoulé Lamizana
> •1980 :  Guinée-Bissau, João Bernardo Vieira renverse Luis de Almeida Cabral
> •1980 :  Au Libéria, Samuel Doe renverse William Richard Tolbert
> •1981 :  Centrafrique, André Kolingba renverse David Dacko
> •1982 :  Burkina Faso, Jean-Baptiste Ouédraogo renverse Saye Zerbo
> •1982 : Tchad, Hissène Habré renverse Goukouni Oueddei
> •1983 :  Burkina Faso, Thomas Sankara renverse Jean-Baptiste Ouédraogo
> •1983 :  Nigeria, Muhammadu Buhari renverse Shehu Shagari
> •1984 :  Guinée, Lansana Conté renverse Louis Lansana Beavogui
> •1984 :  Mauritanie, Maaouiya Ould Taya renverse Mohamed Khouna Ould Haidalla
> •1985 :  Ouganda, Basilio Olara Okello renverse Milton Obote
> •1985 :  Soudan, Swar al-Dahab renverse Gaafar Nimeiry
> •1986 :  Soudan, Ahmed al-Mirghani renverse Swar al-Dahab
> •1987 :  Burkina Faso, Blaise Compaoré renverse Thomas Sankara
> •1987 :  Burundi, Pierre Buyoya renverse Jean-Baptiste Bagaza
> •1987 :  Tunisie, Zine el-Abidine Ben Ali renverse Habib Bourguiba
> •1989 :  Soudan, Omar el-Béchir renverse Ahmad al-Mirghani.
> •1990 :  Libéria, Prince Johnson renverse Samuel Doe
> •1991 :  Mali, Amadou Toumani Touré renverse Moussa Traoré
> •1992 :  Algérie, le Haut conseil de securité renverse Chadli Bendjedid
> •1995 :  République fédérale islamique des Comores, Ayouba Combo renverse Said Mohamed Djohar
> •1996 :  Burundi, Pierre Buyoya renverse Sylvestre Ntibantunganya
> •1996 :  Niger, Ibrahim Baré Maïnassara renverse Mahamane Ousmane
> •1997 :  Zaïre/République démocratique du Congo, Laurent Désiré Kabila renverse Mobutu Sese Seko
> •1999 :  Union des Comores, Azali Assoumani renverse Tadjidine Ben Said Massounde
> •1999 :  Côte d’Ivoire, Robert Guéï renverse Henri Konan Bédié
> •1999 :  Guinée-Bissau, Ansumane Mané renverse João Bernardo Vieira
> •1999 :  Niger, Daouda Malam Wanké renverse Ibrahim Baré Maïnassara
> •2003 :  Centrafrique, François Bozizé renverse Ange-Félix Patassé
> •2003 :  Guinée-Bissau, Verissimo Correia Seabra renverse Kumba Yala
> •2005 :  Mauritanie, Ely Ould Mohamed Vall renverse Maaouiya Ould Taya
> •2008 :  Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz renverse Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi
> •2008 :  Guinée, Moussa Dadis Camara s’accapare du pouvoir à la mort de Lansana Conté
> •2009 :  Madagascar, Andry Rajoelina dénonce et renverse à une vitesse impressionnante le régime de Marc Ravalomanana
>


 
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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 17 décembre 2010
LE TEMPS, LES CIRCONSTANCES, LE CONTEXTE, LE MODE OPERATOIRE N'ONT PAS BEAUCOUP CHANGE. LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE, EUH.., PLUTOT OCCIDENTALE FORTEMENT SOUTENUE PAR LE "MACHIN", EUH.., JE VOUDRAIS DIRE L'ONU "CRIMINELLE" AVAIT A L'EPOQUE PUREMENT ET SIMPLEMENT CONCOCTE L'ASSASSINAT ODIEUX DU VALEUREUX FILS D'AFRIQUE, LE PATRIOTIQUE PATRICE E. LUMUMBA. AUJOURD'HUI TOUT EST POSSIBLE EN COTE D'IVOIRE PAR LE MEME MACHIN CONTRE LA PERSONNE DE LAURENT PRESIDENT ET CONTRE LE PEUPLE IVOIRIEN!

G S K



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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 17 décembre 2010
sarko doit fermer sa grande gueule aux crachats nauseabonds il n a pas a s ingerer dans les affaires internes de la CI

personnellement je crois que Ouatara ne devrait jamais opter cette demarche pour aller vers le pouvoir

il a donne l occasion aux forces du mal d envahir la CI de le mettre a feu et a sang en vertu de quoi
parceque GBAGBO doit quitter
ok ce qui est sur gbagbo a perdu mais Outara aussi devant l histoire risque d etre etiquete comme assoiffe de pouvoir

rien ne peut justifier la mort de ces ivoiriens tombes pour deloger gbagbo


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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 17 décembre 2010
SARKOZY:"Ce qui se passe en Côte d'Ivoire est parfaitement inadmissible (...) des élections ont eu lieu, sous le contrôle des Nations unies, elles ont été validées par les Nations unies. Mieux, la totalité des Etats africains ont reconnu l'élection d'Alassane Ouattara" c'est un mensonge. la totalité des Etats africains n'ont pas reconnu ouattara


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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 17 décembre 2010
pour le moment la situation est parfaitement sous controle et c'est pas les élucubrations de sarko qui nous dérangent. Le RHDP a échoué dans sa tentative de prendre la RTI et aujourd'hui calme plat à Abidjan. Gbagbo a encore réussi et c'est pas à la françafrique de nous donner des leçons,ils ont triché au gabon pour installer Bongo fils et piller le bois et le pétrole de ce pays. Hier Atta mills a ouvert les vannes du pétrole ghanaén et cela n'a pas posé probléme. En bas la françafrique et vive Gbagbo


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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 17 décembre 2010
pour qui se prend -t-il pour donner des ordres à gbagbo il n'a qu'a aller se faire foutre .j'aime pas gbagbo mais là je trouve que c'est exagerè k'un chef d'etat du monde occidental dise à un chef d'etat africain "t'as une semaine pour quitter le pouvoir " c'est comme si sarko c'est le pére de gbagbo.


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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 17 décembre 2010
1. Le vrai visage de l’Organisation des Nations Unies Au lendemain de la première guerre mondiale un puissant groupe international d’élites a offert à l’humanité sous le nom de (sécurité collective au travers d’un gouvernement mondial) une solution contre les ravages de la guerre. Elle a proposé la création de la ligue des nations. Cette ligue devrait renforcer la paix par l’utilisation d’une force collective contre toute agression individuelle. Ce groupe d’élites adepte de la théorie du Philosophe allemand George Frederick Hegel avait conçu une ligne de conduite basée sur les principes énoncés par ce philosophe pour diriger les affaires du monde … entendez ;
Thèse, Antithèse et Synthèse traduit par: Problème, Réaction, Solution. Ainsi ce groupe occulte qui a finance la première guerre mondiale avait pour objectif la création d’un gouvernement mondial. Le principe de base de leur théorie est le suivant: vous créez un problème. Ensuite vous vous arrangez pour placer le blâme sur une d’autres personnes, vous vous assurez que les medias que vous contrôlez reportent le problème comme vous le voulez de manière à manipuler l’opinion publique de sorte qu’il voit le problème comme vous le voulez enfin de réagir comme vous voulez, puis vous proposez une solution qui est en fait le but que vous visez.
Ainsi donc ils ont mis en pratique leur théorie, par exemple par rapport à la première guerre mondiale: Thèse ou problème (guerre mondiale et ses horreurs) Antithèse ou réaction (recherche d’une solution pour une paix mondiale) Synthèse ou solution : pouvoir aux mains de ceux qui ont créé le problème pour trouver une solution. (Création de la société des nations). Ce principe va totalement changer la face du monde entier.
Pour exemple, par rapport au problème Ivoirien. La France crée une rébellion avec les meurtres et tueries qu’on connaît. Âpres l’échec de son coup, elle met le blâme sur le gouvernement puis sur une mutinerie d’une partie de l’armée, ensuite sur le président Gbagbo qu’il démonie puis sur les Patriotes et enfin sur les Bétés, elle manipule l’opinion internationale par sa presse et invente un climat d’insécurité pour les étrangers puis pour les membres du RDR ,elle parle de la menace du syndrome Rwandais, puis propose une solution qui lui permet d’envoyer ses troupes d’occupation en Cote d’Ivoire, puis celle de l’Onu.
Problème, Réaction, Solution. Revenons à la société des nations. Ainsi âpres la première guerre mondiale Goudron Wilson Président des États Unis à cette époque a eu du mal à faire accepter cette proposition aux Américains. Le peuple américain ne voulait pas prendre part à un Super État. Le congrès américain a refusé de ratifier le document sur la ligue des nations sonnant ainsi la mort de cette organisation. Avec cet échec, ces individus qui travaillent a la formation d'un gouvernement mondial sous leur contrôle et qui se font appeler "les globalistes" ont créé le CFR. (Council of Forgien Relation). Le but de cette organisation est de travailler à l’intégration des états au programme de formation du gouvernement mondial.
Le CFR a créé un système de contrôle financier mondial concentré aux mains de particuliers capables de dominer sur le système politique de chaque pays ainsi que sur l’économie mondiale dans son intégrité. Basé à New York, ce groupe a travaillé à l’élaboration d’une autre organisation pour remplacer la Ligue des Nations ; un groupe secret fut créé. GROUPE INFORMAL D’AGENDA. Ce groupe a travaillé à la création de l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Très peu d’Américains savaient que

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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 17 décembre 2010
IL NOUS SERAIT D'UN GRAND APPUI , POUR REGLER LE PROBLEME IVOIRIEN , SI CE NAIN ECHAPPE DE L'EUROPE DE L'EST FERMAIT SON GRAND RATELIER PUANT ,A TRIPLE RANGEE DE CROCS .gbagbo n'est deja pas sensible au message de ces paires africains qui pour lui sont tous a la solde de l'occident , a plus forte raison a celui d'un sarcozy . ce petit nain bavard et pretentieux n'est rien d'autre qu'un rebus de l'exode qui a connu un meilleur sort.


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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 17 décembre 2010
Est-ce que le minable Sarkozy ose s'attaquer frontalement, avec une arrogance entachée de racisme, aux Présidents de la Tunisie, de l'Egypte, de la Lybie, de l'Afrique du Sud, du Rwanda? Non, Jamais! Alors pourquoi il ne trouve aucun inconvénient de sermoner Mr. Gbagbo Laurent Président de la RCI? Mais voyons! Avec les complicités des vassaux-traitres africains et sous les ordres des FrançAfricains! Le minable Sarkozy s'est même octroyé le luxe d'insulter tous les Africains à l'UCAD, sous les applaudissements des wade & bandes & certains; certainement en échange de son silence complice sur leurs saccages des deniers publics, bradages des terres, pillages des ressources, viols récurrents de la Constitution, des règles, des règlements, de l'égratignement de la démocratie, des droits de l'homme, des libertés citoyennes, de la laicité, de la justice, de l'éthique et de l'équité au Sénégal! Il n'existe plus aucun continent au monde où les Occidentaux osent intervenir avec aussi d'arrogance! Au moins s'ils le faisaient avec tous les tyrans, les despostes, les voyous sanguinaires qui gouvernent les pays africains et mettent leurs peuples dans les plus sombres misères, nous serions les premiers à croire à la sincérité de leurs actes! Tandis qu'ils taxent Mr. Gbagbo Laurent de tous les noms de négres, rien que pous s'emparer des immenses richesses de la RCI (avec Ouatara & Soro, leurs valets, cela serait beaucoup plus simple qu'avec Mr. Gbagbo!), ils se voilent les faces face à des tyrans qui exposent leurs pays à des horribles guerres civiles, comme le minable wade, flanqué de ses bandes & certains. LES DEMOCRATES-REPUBLICAINS AFRICAINS ONT DU PAIN SUR LA PLANCHE: redonner à l'Afrique et aux Africains-es dignes de ce nom, leurs dignités égratignées par les colons de toujours avec la complicité de leurs propres sauvages élites horriblement pourries. Par amour de la RCI et de tous les Ivoiriens, Mr. Gbagbo Laurent doit quitter le pouvoir! Mais jamais sous la dictée du raciste Sarkozy! PEULS.


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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 17 décembre 2010
PARTIE 1
Serge Grah est journaliste et écrivain ivoirien. Il vient de publier chez Vallesse Editions « La misère de nos comportements – Libres opinion en ces temps dégénérés ». Avec des mots âpres et chauffés à blanc, il veut défoncer la porte qui s’est refermée sur sa Patrie. « D’éclaires et de foudre », le journaliste va en croisade contre ceux qui ont les mains souillées du sang du peuple ivoirien. Entretien.

Vous venez de publier « La misère de nos comportements », quelles sont les choses concrètes auxquelles s’applique le titre de votre ouvrage et quelles sont les motivations d’une telle initiative ?

Je dois dire que le journaliste est un faiseur d’opinion. Dans l’exercice de son métier, c’est un témoin oculaire de son temps. A titre, il doit porter témoignage. « La misère de nos comportements » est donc un témoignage de cette période tourmentée et dégénérée que vit notre pays depuis près de 10 ans. C’est ma lecture du comportement de chacun de nous, mais surtout de celui de nos leaders politiques dont, les comportements de certains d’entre eux nous impactent négativement et orientent nos attitudes. Toute chose qui maintient notre pays dans cette situation désastreuse et honteuse. « La misère de nos comportements » n’est autre chose que notre forfaiture, notre imposture, nos vices suicidaires et nos mensonges érigés en valeur. Mon ambition, en offrant cet ouvrage, est de nous ramener à cette réalité que notre mémoire très souvent sélective nous pousse à oublier afin de nous amener à corriger nos mœurs, à guérir définitivement de ces graves allergies face à la vérité ; c’est surtout travailler résolument à l’avènement d’une Côte d’Ivoire où la Loi et les valeurs éthiques et morales sont la seule boussole qui oriente tous nos comportements.


Votre livre est un recueil de libres opinions inspirées, pour la plupart, de la situation de crise que vit la Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002. Quelle est justement votre opinion sur le regain de tension né du 2e tour de l’élection présidentielle du 28 novembre dernier ?

Tout État est État parce qu’il est régi par une loi fondamentale qu’on appelle Constitution qui s’impose à tous ceux qui vivent sur le territoire de cet État. Mieux, cette Loi s’impose également aux autres États quelles que soient leur taille et leur puissance. Mais, tout au long de cette crise ivoirienne, il y a tellement de jeux sordides, d’intérêts masqués que des gens se refusent à voir et à dire la vérité pourtant évidente. On n’a pas besoin d’être sorti de Harvard pour la comprendre. Et celles qui se cachent derrière tout cela, ce sont les autorités françaises. De tout temps, la France a montré combien son mépris affiché pour les Institutions et lois ivoiriennes est manifeste. Le pire est que certains de nos compatriotes, profanes politiques, pensent pouvoir profiter de cette méprise pour piétiner nos lois et se retrouver dans le fauteuil présidentiel. Voici schématisé les incohérences dont est devenu coutumier notre quotidien ivoirien. Pour répondre plus directement à votre question, il faut dire que le 2e tour de l’élection présidentielle et la confusion de la proclamation des résultats qui s’en est suivie a aussi achevé de convaincre plus d’un observateur averti de la scène politique ivoirienne de la puanteur morale du bloc rebelle. Le Sud Coréen Jin Young Choi, fut-il représentant spécial de l’Onu, sait qu’il ne peut en aucune façon se substituer au Conseil Constitutionnel en Côte d’Ivoire. Parce que je ne crois pas que ses concitoyens accepteraient de tels errements de qui que ce soit dans le conflit qui oppose leur

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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 17 décembre 2010
PARTIE 2
Mais Ado dit qu’il est seul président élu de la Côte d’Ivoire…

Ado lui-même, face au reflet de sa propre image, face à sa conscience lucide sait intimement qu’il n’a pas gagné cette élection. Parce qu’on ne gagne pas une élection avec la tricherie, l’intimidation des populations, la séquestration de citoyens. Non, ce n’est pas en tuant qu’on gagne une élection ! Mais pour qui connaît bien Ado, rien ne le surprend. Comme à son habitude, il essaie de développer une attitude perverse de victime. Parce que c’est l’expression de la violence qui le fonde. Il tente donc un hold-up. Mais toute manipulation a toujours des limites ! Il doit comprendre que les menaces sont inopportunes dans un débat républicain. Car un esprit empreint de justice doit condamner toute accession au pouvoir par le crime. Et ce, sans contorsion intellectuelle. Parce que chaque fois qu’il se retrouve face à ses ambitions politiques d’une rare ambiguïté, il verse dans le verbiage creux. Mais, Dieu merci, grâce à cette élection, les Ivoiriens ont pu le démystifier. Ce qui va permettre de détruire définitivement le phénomène qu’il représente… C’est vrai que les Ivoiriens ne peuvent pas rester indéfiniment dans l’émotion de la grave crise qu’ils ont vécue. Mais ils ne peuvent pas faire non plus comme si le 19 septembre 2002 n’a jamais eu lieu, ni comme si le chef de guerre Koné Zacharia n’a jamais dit, avec force et détails, que c’est bien Ado qui les avait organisés, assuré leur logistique à hauteur de 25 000 000 F CFA par mois afin qu’ils viennent attaquer la Côte d’Ivoire, exterminer ici et là de pauvres Ivoiriens, ruinant ainsi l’espoir de vivre en paix des Ivoiriens. Il ne faut donc pas que nous nous y trompions : C’est Alassane Dramane Ouattara qui a introduit la violence politique en Côte d’Ivoire. C’est lui qui a cristallisé l’appartenance religieuse, ethnique et régionale dans notre vie sociopolitique. Lorsque qu’un homme politique dit sans sourciller qu’on « ne veut pas que je sois président parce que je suis musulman et nordiste », c’est que cet homme est dangereux pour la cohésion nationale. Un tel homme est capable, comme il nous l’a toujours démontré, de détruire tout un pays sur l’autel de ses seules ambitions politiques. Aujourd’hui, Ado doit comprendre que c’est dans la dialectique du dialogue, du respect des lois, de l’acceptation de l’autre et de l’unité nationale, que les populations ivoiriennes ont toujours vécu. C’est cela qui nous a préservés, avant son irruption sur la scène politique ivoirienne, des velléités belliqueuses et du manichéisme politique, générateur d’intolérance, de haine et de violences gratuites... En toute honnêteté, ceux qui admirent encore Ado doivent lui demandent de quitter tranquillement la scène politique ivoirienne. Parce qu’il est clair qu’il ne pourra jamais s’adapter aux exigences d’un Etat de droit et d’une société démocratique. Voyez-vous, il a tout essayé pour le pouvoir : falsification, manipulation, violence, rébellion armée, etc. En vain. Cet Ivoirien a suffisamment montré combien il méprise les Ivoiriens et combien il est trop étranger à la Côte d’Ivoire pour en présider la destinée. Ado n’a d’yeux que pour les intérêts de la France de qui il veut détenir son pouvoir politique. Or, quiconque veut l’audience du peuple doit d’abord montrer qu’il peut préserver les intérêts de ce peuple, ensuite il doit emprunter le chemin de la démocratie et de la paix qui est la vérité, la justice et la légalité constitutionnelle. Mais, je pense qu’Ado peut encore sauver ce qui lui reste de dignité. Il doit préserver ce sentiment d’affection

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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 20 décembre 2010
http://videos.tf1.fr/jt-20h/la-cote-d-ivoire-sombre-dans-la-violence-6188977.html c'est la video

Les Nations unies arment-elles les rebelles en Côte d’Ivoire?

Dans sa couverture de la lutte sanglante qui a opposé les Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire à l’armée rebelle d’Allassane Dramane Ouattara le 16 décembre 2010, la chaine française TF1 a commenté une vidéo qui soulève des questions troublantes. La vidéo apparemment filmée à l’intérieur du quartier général de Ouattara sous protection des Nations Unies et de l’armée rebelle montre des hommes de combat en casques bleus et brassards de l’ONU s’activant pour la bataille ; ce qui conduit irrémédiablement à se poser la question suivante : Les Nations unies ont-elles armé les forces rebelles et combattu aux côtés de celles-ci contre les forces de défense et de sécurité ivoiriennes ? Cela est fort probable étant donné l’armement dont disposaient les rebelles dans ce périmètre restreint du Golf Hôtel. A moins que des armes leur aient été fournies par un tiers parti ou à moins qu’ils aient prémédité leur coup de force avant l’enlèvement du président de la CEI et la proclamation par celui-ci de ses sinistres résultats tardifs annonçant la « victoire » de Ouattara, les rebelles n’auraient pas eu le temps nécessaire pour rassembler leur artillerie lourde du 16 décembre. Il est de plus en plus admissible que les rebelles de Ouattara aient reçu leurs armes des troupes onusiennes. Pour qui connait les Nations unies et leur propension à la partialité dans les conflits internes, cette hypothèse n’est pas surprenante. Lorsqu’en 1997 le président français Jacques Chirac décida de se débarrasser d’un Lissouba devenu trop gênant, il ne se contenta pas simplement d’envoyer à l’ami Sassou 25 tonnes d’armes du Bourget via Libreville le 3 juin 1997, mais il lui garantit aussi la coalition des troupes onusiennes contre les supporters sudistes de Lissouba. A la mi-juin 1999, ce sont des avions peints aux acronymes de la Croix rouge et du Programme alimentaire des Nations Unies qui incitèrent les populations du sud affamées et malades hors des bois pour qu’elles soient ensuite prises pour cibles par les forces de Nguesso. Pour ceux d’entre-nous qui savent le rôle qu’ont joué les pseudo-organisations de maintien de la paix telles l’Opération turquoise au Ruanda ou la Force licorne en Côte d’Ivoire, cette vidéo des casques bleus en ordre de bataille ajoutée au jeu trouble du représentant des Nations unies en Côte d’Ivoire au cours des élections présidentielles posent des interrogations pertinentes.


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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 20 décembre 2010
Le président du Front national Jean-Marie Le Pen a jugé lundi qu'"en lançant un ultimatum" à Laurent Gbagbo, Nicolas Sarkozy a commis "une faute politique" qui "met en péril" les militaires et les ressortissants français en Côte-d'Ivoire.


"En lançant un ultimatum au Président Gbagbo, Monsieur Sarkozy a fait une faute politique qui, au vu des affrontements prévisibles entre partisans ivoiriens, met en péril le contingent militaire français, la communauté des 12.000 ressortissants français et plus généralement nos intérêts nationaux", a déclaré M. Le Pen dans un communiqué.


"On ne donne pas de leçon de démocratie quand on a bafoué cyniquement la volonté du peuple français exprimée dans le référendum sur l'Europe", a-t-il dénoncé.


Selon M. Le Pen, mieux vaut privilégier "les solutions négociées plutôt que les rodomontades menaçantes".


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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 20 décembre 2010
Belle contribution! De ma part je trouve que la France est trés trés mal placée pour la résolution de la crise ivoiriénne aprés que tout le monde est au courant de leur manoeurvre malheureuse de déstabilisation de bcp de pays africains. les rapportages sur la FranceAfrique le montrent clairement.
La crise peut etre reglée en Afrique. Que la paix revienne en CI. Amen


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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 20 décembre 2010
Quelle attitude adoptée face à la Côte d'Ivoire?
Contrairement à ce que se dit sur les médias étrangers et particulièrement français, l' UA (l'union Africaine) n'a pas encore adoptée une position officielle sur les résultats des élections présidentielles, à en croire Le Gabonais Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine (Ua) qui a séjourné, vendredi dernier, à Abidjan. En effet, après sa sortie d'audience avec le président Gbagbo et à la question de savoir si l'UA a demandé le départ de Gbagbo du pouvoir, voici ce qu'il répondit «L’Union africaine n’a jamais demandé le départ du président Gbagbo. Avec tout le respect et toute la considération que nous avons pour la presse, nous n’avons pas de déclaration à faire. Nous sommes venus travailler». Une déclaration d'autant plus étonnante que le président Sarkozy fait savoir à qui veut l'entendre qu'il a même le soutien de l'UA et de la CEDEAO.
Concernant la CEDEAO, ce sont seulement quatre (4) chefs d'Etat (Burkina, Sénégal, Libéria et Nigéria) sur 14 qui ont tenu le mardi 7 décembre, à Abuja, au Nigeria, un curieux sommet sans quorum pour déclarer «l’exclusion» de la Côte d’Ivoire.
On le voit bien, il y a un véritable malaise et une absence véritable de consensus sur le cas ivoirien contrairement à ce que présentent les médias français. C'est justement ce qui agace le président de la Commission de l’UA.
En effet «très agacé par les pressions et ingérences extérieures aveugles» dans les affaires ivoiriennes (selon Africa24). Il se serait offusqué surtout de la cabale contre Thabo Mbeki, soulignant qu’à cette allure, l’UA n’aurait plus de médiateur nulle part, si l’organisation panafricaine devait envoyer sur le terrain, chaque fois, des ennemis d’un des camps en conflit.
On peut le dire sans risque de se tromper le dossier ivoirien gêne beaucoup.


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Re: Interview du ministre ivoirien Alcide DJEDJE : l'erreur de l'Occident à Abidjan
par Visiteur le 23 décembre 2010
Quelques coupures de presse sur la Cote d'Ivoire à déguster

Slate 21 dec 2010
Gbagbo doit partir «avant la fin de la semaine». Nicolas Sarkozy n’a pas résisté au plaisir de donner un petit air hollywoodien à la crise ivoirienne. Un nouvel épisode de la série américaine 24 heures chrono. Avec Super Sarko dans le rôle de Jack Bauer. D’une réplique cinglante, il pourrait chasser le méchant président. Celui qui n’est vraiment pas à sa place et qui doit le comprendre au plus vite.
Imaginait-il déjà Laurent Gbagbo partant d’un pas rapide et furtif, apeuré par la détermination sans faille de l’homme fort des bords de Seine? Boy du joli temps des colonies qui partirait la tête basse, en dodelinant du chef et en se demandant comment il avait pu offenser son bon maître? Il n’en a rien été.

Un argumentaire développé par Le Bénin aujourd’hui:
«Le problème n’est pas en soi que Gbagbo ou Ouattara ait été élu et qu’il y ait crise post-électorale. Cela n’est que monnaie courante en Afrique. Le véritable problème demeure ce que l’on continue d’appeler pompeusement la communauté internationale et qui n’est en fait qu’un agrégat de puissances occidentales qui jouent les gendarmes en Afrique au gré de leurs intérêts. Cette soi-disant communauté sera comptable des événements consécutifs à sa méconnaissance des réalités ivoiriennes et à sa mauvaise gestion de la crise.»
Cet hebdomadaire de Cotonou ajoute:
«Qu’on le veuille ou non, Gbagbo a bien été élu président en 2000. A partir du moment où la guerre a été déclenchée en 2002 contre un régime légal et légitime, nous sommes en droit de demander ce que cette communauté a fait pour soutenir le régime constitutionnellement établi. Il apparaissait évident que son échec à réunifier et pacifier le pays allait conduire à la situation de chaos actuelle. Dans des affaires qui ne concernent que les Ivoiriens, la communauté internationale s’autorise à soutenir un candidat, en faisant délibérément preuve de vision partiale, partielle et parcellaire de la crise. Un précédent grave qui donne à réfléchir sur la réorganisation de l’ONU même. Et dans cette nouvelle recomposition, l’Afrique devrait hausser le ton pour dire qu’elle n’est plus la terre où l’on peut toujours continuer à s’aventurer comme par le passé.»


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